La fée verte du Jura

La fée verte…….. Peut-être ce nom vous évoque-t-il un conte … Chez moi, dans le Haut-Doubs, il évoque une boisson : l’absinthe.

Au départ, l’absinthe est une plante aromatique connue pour ses vertus depuis l’Antiquité. On la cueille fin juillet quand elle arrive à maturité. A la fin du 18ième siècle, en Suisse, à Couvet, l’Absinthe mélangée à d’autres plantes devient une boisson distillée, puis ces distillateurs suisses viennent s’installer en France voisine à Pontarlier. Vers 1900, à Pontarlier, on compte pas moins de 25 distilleries (la plus importante étant la maison Pernod), 111 bistrots et quelques 15 millions de litres produits.

La fée verte ou absinthe a connu un grand engouement  avec un pic de consommation des années 1880 à 1910. Bon marché, à cette époque, tout le monde buvait de l’absinthe. Beaucoup de buveurs d’absinthe sont célèbres : Van Gogh, Rimbaud, Toulouse-Lautrec, Verlaine, Baudelaire, Oscar Wilde. De nombreux artistes l’ont représentée : Degas, Manet, Picasso.

Puis due à sa consommation excessive appelée absinthisme, elle connut une campagne de dénigrement sans précédent, jusqu’à son interdiction complète en Suisse en 1910 puis en France en 1915. Il faut dire qu’à cette époque, l’absinthe était plutôt forte en alcool! Bien sûr, dans ma région, l’absinthe continua de circuler sous le manteau, beaucoup de distillateurs continuèrent de produire une absinthe “clandestine”.

Heureusement, de récentes recherches scientifiques l’ont réhabilitée. Grâce à de nouvelles législations, l’absinthe renait de ses cendres !

Nous nous sommes rendus dans le cadre de la fête de l’absinthe chez le distillateur Armand Guy à Pontarlier.

La visite se fait dans l’usine où on nous explique les procédés de distillation, puis l’histoire de la distillerie née en 1890 tout de même ! On observe les alambics en train de fonctionner, l’atelier d’embouteillage, les foudres centenaires. Puis, la visite se termine …. par une dégustation !

Pour déguster cette boisson mythique, on procède à tout un rituel. Tout d’abord, l’absinthe pure est versée dans un verre spécial sur lequel on a placé une cuillère qui est trouée. On place ensuite un carreau de sucre sur la cuillère et on verse au goutte à goutte de l’eau glacée. Comme le pastis, on ajoute dans l’absinthe 3 à 5 volumes d’eau selon les goûts.

Jolie fête qui nous fait découvrir tout un monde de collectionneurs. Il y a des passionnés qui recherchent les cuillères à absinthe, les fontaines, les verres, les lithographies (Certaines sont de véritables oeuvres d’art !) Démonstration de reproduction d’affiches avec une pierre lithographique sous nos yeux s’il vous plait !

Pour en savoir plus, on peut aussi se rendre au musée municipal (gratuit en juillet et août 2009) de Pontarlier qui possède une jolie collection et qui vous apprend de jolies anecdotes.

Prochain rendez-vous les absinthiades en octobre ! Mais n’oubliez pas : à consommer avec modération !

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3 commentaires pour La fée verte du Jura

  1. Nathalie dit :

    Le mythe de l’absinthe clandestine dans le Val de Travers chez nos voisins Suisses.

    http://archives.tsr.ch/dossier-absinthe/absinthe-clandestinite

  2. Ping : 10èmes absinthiades à Pontarlier | Voyageuse Comtoise

  3. Quelques écrivains ont absorbé ce breuvage et nous ont donné des proses et vers pour l’éternité.
    Crois tu qu’après avoir ingéré 1 litre de cette potion magique, je puisse aussi devenir célèbre par mes mots ?

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